EDITORIAL

LA PLACE DE LA TRIBALITE AU CONGO-BRAZZAVILLE  OU QUEL CONTRAT SOCIAL  DEMAIN POUR  REGIR LA COHABITATION HARMONIEUSE  ENTRE CONGOLAIS DU NORD ET DU SUD CEUX DE L’EST ET DE L’OUEST DANS UN MEME ESPACE  GEOGRAPHIQUE ET CULTUREL !

La  tribalité est un phénomène somme toute normal, fondé sur  un héritage  longtemps forgé par des pratiques, des usages, des us et coutumes dans une communauté d’hommes et de femmes bien déterminés,  partageant un même territoire et ayant  une histoire et un  passé commun et  surtout habités  par la volonté inébranlable de vivre ensemble. La tribalité est donc une richesse dans ce sens qu’elle perpétue comme dans les civilisations du mbongui, les valeurs d’échange, de partage, de bon voisinage, de consensus  bref,  l’héritage reçu des ancêtres.

Toutefois, son pendant, le tribalisme, est un véritable cancer. C’est le mal qui ronge notre pays le Congo Brazzaville ! Pourtant, de l'indépendance jusqu'au début des années 70, dans toutes les contrées du pays Congo, le sentiment d'une nation congolaise avait commencé à s'affirmer, un sentiment mis à mal à partir de quelques années plus tard, par la mauvaise gouvernance des dirigeants politiques peu soucieux comme leurs prédécesseurs de respecter les équilibres ethnocentristes dans l'administration et la force publique. C'est le constat que nous avons fait tous ensemble à la Conférence Nationale Souveraine.

Maintenant que devons nous faire, nous taire ?  Non !

Devons-nous continuer à faire la politique de l'autruche, car, ce n'est un secret pour personne, même si on fait semblant d'ignorer que le tribalisme est au centre de la vie politique de notre pays ?

Au moment où nous nous apprêtons à célébrer les 50 ans de notre indépendance, le moment n'est-il pas venu d'analyser froidement avec discernement et responsabilité ce phénomène qui a ramené le Congo notre beau pays à des années lumière de la modernité ? Le Congo est divisé en nord et en sud. C'est une réalité indéniable. Le nord étant moins peuplé, Sassou Nguesso et tous les siens le savent, ne pourront jamais gagner les élections organisées démocratiquement, dans la transparence totale, malgré le dépeuplement conscient du sud, résultat de milliers d'assassinats. Le sud se sachant majoritaire ne rêve qu'à l'instauration de la démocratie véritable  puisqu'il sait qu'il gagnera toujours les élections présidentielles.

C’est le blocage total. Nous ne pouvons pas continuer comme ça. Le pays n’appartient ni à Sassou nguesso, ni à sa famille, ni à son ethnie, ni à son clan de courtisans. 25 ans de pouvoir qui affichent comme bilan des assassinats en masse dont un génocide, ça suffit ! Il faut passer la main, permettre aux autres congolais désignés démocratiquement par le peuple de faire leurs preuves politiques.

Aujourd'hui, plus que jamais, il devient urgent de réfléchir tous ensemble sur une forme d'organisation authentique, originale et consensuelle, une nouvelle manière d'accéder au pouvoir, de diriger le pays.

C'est pourquoi, nous devons crever l'abcès avec ce grand débat sur la TRIBALITE. Peu importe nos sensibilités personnelles, nous sommes invités à nous inscrire nombreux, afin de nourrir le débat et d'apporter chacun sa contribution, en vue de sortir le pays de l'ornière, pour un Congo nouveau soucieux du bien-être de tous ses enfants.

L'initiateur de ce grand débat, monsieur Kovalin  TCHIBINDA  a donné deux grandes pistes :

1- Très grande autonomie des régions,

2- Mise en place de la présidence tournante.

Nous avons le devoir de changer les choses. Les sudistes et les nordistes nous devons nous retrouver pour parler ensemble de notre cancer national et lui trouver un remède de cheval. C'est pourquoi, nous sommes invités à nous inscrire nombreux pour participer à ce grand débat à Paris pour ceux de la diaspora. A l'issue de ce grand débat à Paris, l'Opposition congolaise muni des conclusions au pays pourra à son tour organiser des débats dans nos grandes villes, si le pouvoir en place ne brandit pas la censure.

Pierre LEKAKI


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